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Les jeudis de l'IMA consacrés à la question kurde

La conférence, intitulée la question kurde : un enjeu régional, s’est tenue le 18 octobre à l’Institut du Monde Arabe.

Ce débat, organisé dans le cadre d’un partenariat entre la représentation du KRG à Paris et l’IMA, a réuni plusieurs experts du Moyen-Orient ainsi que deux membres éminents du gouvernement kurde, M. Falah Mustafa Bakir, responsable des relations étrangères et le ministre de la Culture, M. Kawa Mahmoud Shakir.

Dans son discours d'ouverture, M. Bakir a rappelé que le chemin vers un Kurdistan autonome a été difficile. La transition a cependant été un succès grâce à un leadership fort qui a dirigé le peuple kurde vers un Irak plus sûr et plus stable. Les experts ont discutés de la situation actuelle de crises qui secouent la région et remettent en avant le problème kurde qui reste plus que jamais présent dans les arrière-pensées des dirigeants du Proche-Orient. Après avoir été longtemps confinée au sein des Etats-Nations, la question kurde a récemment pris une dimension régionale car «le peuple Kurde représente désormais un acteur décisif de la scène politique de la région», comme le note le responsable des relations étrangères. M. Falah Mustafa Bakir a souligné le rôle majeur que joue le Gouvernement Régional du Kurdistan (GRK) sur la scène moyen-orientale. Sur la question syrienne, le responsable des Relations Etrangères du gouvernement kurde a rappelé que son gouvernement a ouvert ses portes pour accueillir les réfugiés kurdes qui sont aujourd’hui au nombre de 30.000 personnes. Par ailleurs, le Gouvernement Régional met tout en place pour que les Kurdes de Syrie gardent leur unité afin de parler d’une seule voix et contribuer dès à présent à la formation d’une opposition démocratique, pluraliste et inclusive de toutes les minorités syriennes, a-t-il encore ajouté. 

La résistance kurde à l’assimilation totale dans le corps des nations turques ou arabes émergentes a représenté un défi constant auquel il fut répondu tantôt par des mesures légales d'assimilation (écoles, service militaire…) tantôt par la violence armée. Pour Fabrice Balanche, maître de conférences à l'Université Lyon 2, un gouvernement kurde politique en Syrie ne sera viable que si la région kurde devient en premier lieu financièrement autonome et durable. M. Gorgas, historien et sociologue à l'Institut universitaire des hautes études internationales et du développement à Genève estime qu'un gouvernement semblable au KRG-Irak ne sera possible en Syrie à court terme, car il est question pour l’instant de maintenir une « zone grise » sur un espace fragmenté. Le dogme d'une nation unifiée kurde doit tenir compte de la réalité de la pluralité culturelle et linguistique des minorités kurdes. Selon M. Bozarslan, qui a synthétisé ce débat académique, le pouvoir, aussi bien en Turquie, qu’en Irak, en Iran et en Syrie est en crise profonde. Parfois, c’est le cas de la Syrie actuellement, il se retire des périphéries afin de mieux conserver le centre. Selon lui, la région du Moyen-Orient dans son ensemble entre dans un cycle de tensions, la crise en Syrie joue le rôle de catalyseur.

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