2 526 Yézidis toujours portés disparus, douze ans après le génocide de Shengal
À l’occasion de la Journée internationale des victimes de disparitions forcées, le coordinateur du Gouvernement régional du Kurdistan (GRK) chargé du plaidoyer international, Dindar Zebari, a indiqué que le sort de 2 526 Kurdes yézidis demeurait toujours inconnu, douze ans après les attaques de l’organisation État islamique (EI) contre Sinjar.
Selon les données communiquées par Dindar Zebari, les personnes toujours portées disparues comprennent 1 215 femmes et 1 311 hommes.
Le 3 août 2014, l’organisation État islamique avait pris le contrôle de Sinjar, ville majoritairement peuplée de Yézidis. L’offensive avait été suivie de l’exécution de milliers d’hommes ainsi que de l’enlèvement de milliers de femmes et d’enfants. Ces attaques ont été qualifiées de génocide contre la communauté yézidie par plusieurs institutions et instances internationales.
Depuis le début des violences, le Gouvernement régional du Kurdistan a mis en place plusieurs mesures destinées à soutenir les victimes et leurs familles. D’après le bilan présenté par son coordinateur chargé du plaidoyer international, 3 595 personnes enlevées ont notamment été secourues. Les survivants ont également bénéficié de dispositifs d’accompagnement psychologique et d’une aide financière.
La question des dépouilles demeure toutefois un enjeu majeur pour les familles et les autorités. Dindar Zebari a indiqué que 93 fosses communes, ainsi que plusieurs tombes individuelles, avaient jusqu’à présent été découvertes à Sinjar et dans les zones environnantes. Leur localisation constitue une étape essentielle dans le processus d’identification des victimes et de restitution des dépouilles à leurs proches.
À l’occasion de cette journée internationale, le responsable du GRK a également appelé à renforcer la coopération internationale avec le Gouvernement régional du Kurdistan et le gouvernement irakien. Cette coopération doit, selon lui, permettre d’intensifier les recherches visant à retrouver les personnes disparues, de procéder à la récupération et à l’identification des restes humains et de renforcer les mécanismes juridiques et institutionnels destinés à prévenir de nouvelles disparitions forcées.
Douze ans après les événements de Sinjar, le sort de milliers de personnes reste ainsi au cœur des préoccupations des familles yézidies. Pour les autorités kurdes, la recherche des disparus, l’identification des victimes et la clarification des circonstances de leur disparition constituent toujours des priorités majeures dans le processus de justice et de réparation engagé depuis les crimes commis en 2014.